Première des 293 communes rhodaniennes à proposer un site Internet dédié dès 1997, Grigny continue de se démarquer par de nombreuses démarches innovantes favorisant l’accès public aux outils numériques du XXIème siècle. Des choix politiques qui confirment aujourd’hui l’implication et l’avant-gardisme de la commune dans le secteur des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication), mais aussi l’exemplarité des actions entreprises au service des grignerots.
Tour d’horizon.
Si la fin du XXème siècle semble aujourd’hui la « période préhistorique » de l’apparition des TIC dans la vie quotidienne des citoyens, la commune de Grigny s’investit depuis plus de 15 ans dans une politique d’éducation populaire visant à sensibiliser les grignerots aux usages de l’Internet et du multimédia. Considérant comme prioritaire l’accès public et gratuit des citoyens aux outils numériques, la municipalité souhaite agir en direction des habitants trop éloignés des TIC afin d’éviter une fracture sociale découlant de la réalité d’une « fracture numérique ». Que ce soit par le biais des équipements municipaux (postes informatiques dans les écoles maternelles et élémentaires, à la médiathèque, au PIJ), du soutien aux structures associatives comme la m@ison de Grigny ou l’école de vidéo Vivé, de jumelages à l’international (avec la ville de Bromont au Québec) autour des TIC, ou encore de l’affirmation d’une politique en faveur des logiciels libres, la mairie de Grigny entreprend des démarches exemplaires qui lui assurent une visibilité grandissante dans ce secteur.
Favoriser l’accès public aux outils numériques du XXIème siècle
Bien conscient que « les personnes ne disposant pas de l’accès à l’informatique risquent certainement d’être les illettrés de demain », René Balme met en œuvre une politique innovante pour que chaque grignerot puisse accéder et surtout comprendre les évolutions technologiques qui façonnent notre avenir commun. Toujours très attaché à défendre la démarche participative, le maire de Grigny veille à engager des initiatives qui assurent un esprit « d’ouverture et de transparence » dans l’objectif de « cerner les attentes des utilisateurs » vis-à-vis des outils numériques en perpétuel développement.
La dimension sociale des TIC
Le développement des TIC (informatique, internet, télécom-munication, multimédia, logiciels...) a un impact direct sur de nombreux domaines de la vie en société (loisirs, culture, santé, éducation, environnement...), et la question de l’accès aux outils numériques est devenue centrale depuis le milieu des années 1990. Le concept de « Fracture Numérique » est souvent employé dans les médias pour dénoncer la disparité de l’accès et des usages de ces technologies au sein de la « Société de l’Information ».
Au niveau national, une loi relative à « la lutte contre la fracture numérique » entre les français n’a été adopté qu’en 2009. Si bien qu’on parle aujourd’hui d’une véritable « exclusion numérique », en opposition au terme d’ « e-inclusion » qui désigne l’intégration de l’ensemble des territoires (notamment les zones rurales) et des populations dans le développement des TIC.
En l’absence d’une gouvernance globale destinée à encadrer et harmoniser l’évolution des TIC dans le monde, il est donc important, au niveau local, de réfléchir au moyen de privilégier la logique humaine à la logique de consommation concernant les usages associés à ce secteur économique devenu central. A cet égard, les communes jouent un rôle primordial pour assurer la cohésion sociale entre leurs administrés. C’est pourquoi la mairie soutient le développement des dispositifs permettant aux citoyens de se familiariser avec les outils numériques contemporains : ordinateurs, blogs, logiciels, vidéos... notamment dans le cadre des « Soirées » organisées par la m@ison de Grigny (lire P.3). Il s’agit là d’une volonté politique de placer la dimension sociale des TIC au centre des pratiques défendues par la commune, et ce, au service de toutes les générations de grignerots.
Les équipements accessibles aux grignerots
Pour faciliter l’accès des citoyens aux outils numériques, la commune intervient de plusieurs manières.
Tout d’abord, en finançant l’installation de matériel informatique dans les structures municipales : le Point Info Jeunesse dispose de 3 postes en libre service (système Linux), la Médiathèque Léo-Ferré est également équipée de 4 postes (système de bornes sous Linux), les écoles élémentaires (Joliot-Curie, Louis-Pasteur et Roger-Tissot) possèdent chacune environ 10 postes, et pour les écoles maternelles, on en dénombre environ 10 au Flachat et respectivement 4 à Paul-Gauguin et Joliot-Curie. Dès leur plus jeune âge, les petits grignerots ont ainsi la possibilité d’évoluer dans un univers adapté à la réalité d’un monde qui se numérise très rapidement.
D’autre part, René Balme a largement soutenu la création de l’association Vivé, une école de vidéo et de télévision participative, qui permet à ses adhérents d’acquérir les techniques de base (pratique de la vidéo, journalisme...) et de diffuser leurs propres sujets sur Internet.
La vidéo étant certainement l’un des piliers des évolutions à attendre du Web (web reportage, communication institutionnelle, Journal TV des entreprises...), l’accès à ces technologies (tournage, montage, numérisation et compression des images, stockage...) par le biais de l’association est une chance remarquable pour les grignerots qui souhaitent se former sur du matériel parfois difficile à acquérir.
Enfin, l’inauguration de la m@ison de Grigny, résultat de plusieurs années de concertation locale, a scellé le destin de la commune ; Devenue un véritable pilier de la politique municipale dans le secteur des TIC, la structure favorise l’accès des citoyens aux outils numériques du XXIème siècle par de multiples actions : formations, évènements, animations, soutien et développement de projets solidaires, opérations de sensibilisation aux usages des TIC...
Le développement du site internet de Grigny
En 1997, Grigny est la première commune du département du Rhône à lancer son site Internet pour diffuser les informations locales et entamer le processus de communication extérieure sur le Web. A l’époque, le « coût des machines est encore très élevé, et très peu de foyers sont équipés en matériel informatique, (…) les rares familles ayant accès à Internet ne disposent que d’un très faible débit de connexion (56k) » rappelle le maire de Grigny. Aussi l’antériorité de la commune par rapport au reste du département prouve la volonté de la majorité municipale de communiquer de manière rapide, efficace et transparente (et bientôt interactive) avec les citoyens. Quelques années plus tard, le taux d’équipement des grignerots correspond globalement à la moyenne nationale (environ 71,1% selon les chiffres du 3ème trimestre 2010 de Médiamétrie), et le site internet de la ville enregistre des centaines de visiteurs uniques par jour. Parmi les différentes fonctionnalités et rubriques disponibles, on retrouve entre autres : les actualités, des formulaires en lignes (extraits d’acte de mariage, disponibilité des salles, agenda des associations), les délibérations des conseils municipaux, un annuaire géolocalisé, des possibilités de covoiturage... L’interface Web de la mairie est également disponible dans une version dédiée aux téléphones mobiles (Smartphone).
Raphaël Sève, responsable du service informatique de la mairie de Grigny, webmaster de formation, travaille à la mise en ligne d’une nouvelle version du site internet de la ville avec l’objectif d’apporter de nouveaux services aux administrés.
La politique du logiciel libre
Dans un soucis de cohérence entre les différentes orien-tations de la ville en matière de TIC, la mairie de Grigny soutient également le développement et la connaissance des logiciels libres, comme Linux et Firefox par exemple. Avec l’idée de favoriser la dimension sociale chère à la « communauté du libre » (GNU) formée dans le milieu des années 1980, la municipalité défend donc aujourd’hui l’utilisation de logiciels libres d’utilisation, de modification, de dupli-cation et de diffusion, et ce en toute légalité grâce à une licence dite « copyleft » en opposition aux logiciels « propriétaires » (copyright). Le site Internet de la ville a ainsi été développé dans le respect de cette politique, tout comme le projet Kikavu défendu par le maire et la m@ison de Grigny. Cette dernière dispense aussi des formations spécifiques au logiciels libre de droit.
"Il ne faut pas faire de confusion entre le logiciel libre et le logiciel gratuit. L’installation, la formation (du personnel) et la maintenance d’un logiciel libre sont financés par la mairie. mais l’effort porte surtout sur la formation des utilisateurs et l’adaptation du logiciel aux usages plutôt que sur l’achat d’une licence. Un autre avantage réside dans la relation client / fournisseur. Avec le libre, je ne suis plus dépendant de mon prestataire car la collaboration porte sur le support et non sur les licences. Ce qui me paraît important c’est l’idée de ne payer qu’une seule fois le développement pour une collectivité. L’effort financier d’amélioration ou de développement d’un logiciel libre servira aux autres utilisateurs sans qu’ils aient à payer une mise à jour pour profiter des nouvelles fonctionnalités. On parle alors de redistribution à la communauté ou encore de développement mutualisé en fonction de besoins propres aux collectivités.C’est ce qu’a réalisé la mairie avec le développement de Kikavu ou concernant la gestion des cimetières en collaboration avec la ville de Rive-de-Gier ».
Ce choix de fonctionnement évite de payer les droits d’accès à une licence payante, la location de services supplémentaires, et le risque d’investir dans un logiciel pouvant rapidement devenir obsolète si l’entreprise qui le produit fait faillite. Enfin, le maire insiste sur « l’aspect participatif » de la communauté de développeurs réunis autour du projet GNU dans sa dimension éthique et sociale, et sur « l’ouverture et la transparence » que permet l’utilisation du logiciel libre dans le service public.








